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« Une minute, les choses vont bien, et la minute suivante, une tempête se lève. » – Luc Besson

Anna

En salle le

10 juillet 2019

De

L. Besson

Avec

S. Luss, L. Evans, C. Murphy

Genre

Thriller (1h58)

Distributeur

Ascot-Elite

Anna est jolie, elle a 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir si elle est une vendeuse de poupées, un top model, une tueuse, un agent double ou une redoutable joueuse d’échecs.

Cinq ans après « Lucy », Luc Besson a imaginé une nouvelle héroïne confrontée à la violence du monde.

Réalisateur, scénariste, producteur, patron de studio, fondateur d’une Cité du Cinéma célèbre dans le monde entier, Luc Besson jouit d’un statut unique dans le Septième Art non seulement français, mais international. Fragilisé voilà deux ans par la terrible contre-performance commerciale de son gigantesque « Valérian et la Cité des Mille Planètes », il a refusé de se laisser abattre en orchestrant « Anna », thriller au féminin où il impose une de ces héroïnes dont il a le secret.

POUPÉE RUSSE

Au début de ce pur récit d’espionnage, la séduisante Anna Poliatova est arrachée aux ruelles lugubres d’un marché russe pour devenir l’un des top modèles les plus réputés de Paris. Mais, tout comme les poupées gigognes qu’elle a déjà vendues, ce qui s’ensuit défie tout ce qu’on pensait voir. Car la mystérieuse et mortellement efficace jeune femme a de nombreux visages, plusieurs personnalités, une aptitude renversante à se transformer et de multiples manières de survivre. Même si elle se révèle une joueuse féroce dans l’univers acéré des espions de la Guerre froide, elle tisse sa toile sans que personne ne la voie jamais venir. Vous avez dit « Nikita » ? Tout comme dans son triomphe de 1990, Luc Besson raconte l’histoire d’un assassin résilient qui sert de pion avant de briser toutes les règles afin de contrôler son propre destin. Mais le film se déroule à une échelle beaucoup plus épique et globale, plaçant littéralement son héroïne au centre des tensions entre les deux superpuissances mondiales. Tandis qu’elle se déplace comme une force magnétique entre le KGB et la CIA, entre deux amants ennemis, entre la loyauté envers ses mentors et la dévotion envers ses rêves les plus intimes, elle est propulsée avant tout par la volonté inébranlable d’être libre.

GIRL POWER

Luke Evans (« La Belle et la Bête », « Fast & Furious »), qui incarne le recruteur d’Anna au KGB, la définit en ces termes : « Ce qui la rend unique, c’est qu’elle dégage de la force, de l’indépendance et un pouvoir féminin qui irrigue chaque seconde du film », dit-il. « Même quand elle manipule des gens, elle le fait parce qu’elle a un agenda, parce qu’elle a un objectif, et rien ne peut l’arrêter, pas même les agences de renseignement les plus puissantes du monde. » Luc Besson, lui, voit dans « Anna » un manifeste sur notre monde moderne. « Je pense que chacun de mes films est une image de mes pensées et de mes sentiments à l’époque où je tourne », explique-t-il. « Mon film est un polaroid de ce moment, et l’un de ses thèmes les plus forts est la confiance, cette confiance qui fait tant défaut dans notre société actuelle ». En ce qui concerne la manière dont le scénario tisse l’action comme un casse-tête complexe, il affirme : « Je pense que ça reflète la vie : une minute, les choses vont bien, et la minute suivante, une tempête se lève. »

RETOUR AUX SOURCES

Choisie pour incarner Anna, la révélation Sasha Luss représente pour Luc Besson l’incarnation de l’innocence et de la vulnérabilité fondamentales du personnage, mais également de sa force extrêmement contrastée de volonté et de sa volonté presque mécanique. Plongée dans le rythme effréné du film, la jeune femme a relevé le défi de créer une héroïne aussi séduisante et perfide que n’importe quelle femme fatale classique, mais également une femme moderne qui refuse d’appartenir à qui que ce soit. Superbe mannequin russe de 26 ans associée à des marques telles que Chanel, Dior et Lagerfeld, Sasha Luss a fait ses débuts de comédienne grâce à un petit rôle dans « Valérian », mais il est clair qu’« Anna », représente l’occasion de sa vie. Soit un an de préparation intensive pour se fondre dans l’action frénétique et intransigeante ainsi que dans le psychisme d’une femme qui se révèle aussi capable de détruire de manière tour à tour radicale et sophistiquée. « Je me suis sentie totalement investie par le caractère d’Anna, car même si elle peut être dure et glacée, son histoire est aussi très personnelle et émotionnelle », dit-elle. « Derrière sa formation de meurtrière, elle est seule, elle est en colère, et elle se bat pour une sorte de liberté qui semble impossible dans son monde. »

Avec « Anna », Luc Besson revient au style néo-noir et aux thèmes de ses premiers films, mais en leur apportant une modernité absolue, colorée, ultra rythmée, un peu comme un conte de fée « pop » qui combinerait le pur plaisir du spectacle aux dangers de notre monde réel. Bien parti pour relever haut la main ce pari artistique et financier où il joue gros, Luc Besson se montre à l’image de sa nouvelle héroïne : combatif et déterminé à surtout ne jamais se laisser abattre.