Bloodshot

En salle le

4 mars 2020

De

D. Wilson

Avec

V. Diesel, G. Pearce, E. Gonzalez

Genre

Aventures (1 h 59)

Distributeur

Sony Pictures

Ray Garrison est un soldat tué en mission et ramené à la vie par l’entreprise qui l’a transformé en super-humain. Mais elle ne contrôle pas que son corps… Elle a également la main sur son esprit et ses souvenirs.

Le charismatique et décalé Vin Diesel trouve dans « Bloodshot » un nouveau personnage à la démesure de son ego.

Depuis leurs apparitions respectives dans « Terminator – Dark Fate » et « Rambo – Last Blood », il est désormais clair qu’Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone devront désormais compter sur des tripatouillages numérique dernier cri pour oser apparaître torse nu dans leurs prochains films. Aujourd’hui, il ne reste donc à Hollywood que deux « Musclor » suffisamment bien conservés malgré leur entrée dans la cinquantaine pour assurer le quota de biscottos requis dans les blockbusters dont ils sont les héros : Dwayne (ex The Rock) Johnson et lui, Vin Diesel. Binôme explosif dans la triomphale franchise « Fast & Furious », les deux hommes n’en connaissent pas moins de sacrés succès en solo, témoins les derniers « Jumanji », « San Andreas » ou encore « Skyscraper » pour l’un, et la saga « xXx » (dont le quatrième volet est en préparation), « Riddick » ainsi que « Le Dernier chasseur de sorcières » pour l’autre. Et à l’instar de son collègue, Vin Diesel a lui aussi dû batailler comme un lion pour imposer sa crédibilité.

UN REBELLE

À en croire certains, il serait « une star plus artificielle que n’importe quelle créature en images de synthèse ». D’après un journaliste, « il ne suffit pas de conduire des bolides en roulant des mécaniques pour mériter 20 millions de dollars par film ». Mais lui, il s’en moque superbement. « Je suis un homme libre, dit-il. Le système ? Je l’utilise. Les conventions ? Je les balaye. Le mythe du héros patriote ? Je l’explose. »  Grand frère idéal pour de nombreux jeunes américains, porte-parole d’une forme de contestation qui place l’insolence et la désinvolture au rang de valeurs existentielles, il prend un malin plaisir à atomiser l’élégance coincée de James Bond qui, selon lui, « porte des costumes auxquels aucun spectateur de moins de 20 ans ne peut s’identifier ». Nihiliste, Vin Diesel ? « Il y a de ça, répond-il. Mais je préfère le terme de “rebelle”, car le nihilisme implique un refus des plaisirs de la vie auquel je ne souscris absolument pas. Moi, c’est l’autorité sous toutes ses formes qui me hérisse ce qu’il me reste de poils, que ce soit la dictature des conventions sociales ou celles des vieilles recettes du cinéma. »

AVEC LES DENTS

Pourtant, derrière cet ego démesuré qui l’amène à gonfler les biceps devant les journalistes mâles et à caresser de sa voix érogène les représentantes du sexe opposé, Vin Diesel reste un gamin des rues de New York, incertain de son avenir, ébloui de son succès, mal à l’aise en société. Né le 18 juillet 1967 à New York sous le nom de Mark Vincent, il a bénéficié dès ses premiers jours des talents de sa mère, astrologue professionnelle : « Elle s’est penchée sur mon berceau, et elle m’a prédit un avenir en or. » Son père, metteur en scène de théâtre, l’emmenait voir les loges : le gamin en revenait charmé par l’odeur du fond de teint, d’acétylène et d’huile de coude. En conséquence, il n’a jamais passé son bac, pour faire pendant 9 ans une belle carrière de videur de boîte de nuit. Un de ses copains de l’époque, David Twohy, le mettra d’ailleurs en scène quelques années plus tard dans « Pitch Black » puis « Les Chroniques de Riddick », et c’est avec lui qu’il réunit 3 000 dollars pour réaliser le court métrage « Stray Dogs ».

EN ATTENDANT « AVATAR 2 »

Pas découragé, il rassemble alors 50 000 dollars, réalise « Multi-faced » où il interprète successivement un Black, un Latino, un Juif et un Chinois. « Je voulais montrer que j’étais capable de tout jouer », reconnaît-il sincèrement. Et bingo ! « Multi-faced » tape dans l’œil de Steven Spielberg, qui lui écrit spécialement un rôle dans « Il faut sauver le soldat Ryan ». Sur le tournage, Tom Hanks lui donne gentiment un conseil pour sa future carrière : « Apprends à dire non. »  Tu parles… Malgré le tournage calamiteux de « Babylon AD » sous la caméra de Mathieu Kassovitz, Vin Diesel continue de promener sa coolitude narquoise avec un panache fièrement revendiqué, y compris en prêtant sa voix à Groot, l’adorable créature culte des « Gardiens de la galaxie ». En attendant de retrouver en mai prochain son personnage iconique de Dominic Toretto dans le neuvième « Fast & Furious » et de le découvrir à Noël 2021 dans l’archi attendu « Avatar 2 », il trouve aujourd’hui dans « Bloodshot » un rôle de cyber-soldat invincible qui lui va comme un gant. Et plus tard, si les producteurs lui font confiance, il accomplira peut-être son rêve de figurer au générique d’une comédie romantique. « Au fond, je suis quelqu’un de très sensible et délicat », affirme-t-il. On ne demande qu’à voir.