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« Je me considère comme un amuseur commando » – Jack Black

Jumanji – The Next Level

En salle le

11 décembre 2019

De

J. Kasdan

Avec

D. Johnson, K. Hart, K. Gillan

Genre

Aventures (1h50)

Distributeur

Sony Pictures

L’équipe est de retour mais le jeu a changé. Alors qu’ils retournent dans Jumanji pour secourir l’un des leurs, ils découvrent un monde totalement inattendu. Des déserts arides aux montagnes enneigées, les joueurs vont devoir braver bien des dangers.

Aux côtés de Dwayne Johnson et des effets spéciaux, le délirant Jack Black s’apprête à livrer un de ces numéros dont il a le secret.

Il a les rondeurs proéminentes, l’œil qui frise et un bagout de mitrailleuse qui lui vaut d’avoir doublé des personnages de « L’Âge de glace » et de « Gang de requins ». Jack Black aurait pu rester cantonné aux rôles du copain sympa que son physique empêche de décrocher le haut de l’affiche. Mais sa personnalité électrique et les succès de « L’Amour extra large » et de « Rock Academy » ont fait de lui un acteur hautement « bankable » au point de tenir en 2005 – avec le gorille vedette, bien sûr – le premier rôle de l’écrasant « King Kong » de Peter Jackson. « Je n’ai jamais pensé que mon sex-appeal allait affoler les filles », dit-il. « Gamin, je croyais être le plus fort du monde. Ensuite, la personne la plus rapide, puis la plus intelligente. Aujourd’hui, je me vois comme le type le plus banal de la terre. »

JOUEUR DANS L’ÂME

C’est grâce à Tim Robins, Oscar du second rôle pour « Mystic River » de Clint Eastwood et heureux époux de Susan Sarandon, rencontré à l’Université du Cinéma de Californie, que le jeune comédien, qui aiguisa ses premières armes dans une publicité pour une ancestrale marque de jeux vidéo, fera une apparition dans les trois films de l’acteur/réalisateur. On l’entendra ainsi pousser la chansonnette en 1992 dans « Bob Roberts » car monsieur, lorsqu’il ne tourne pas, est rocker dans le civil. Il a même créé un groupe culte, Tenacious D., dont il dit avec un culot kamikaze : « Si Beehoven et Bach avaient fréquenté Mozart et fondé un groupe, ils auraient peut-être pu faire de l’ombre au mien ! » Soit. On peut trouver le personnage éminemment sympathique, mais il a aussi un nombre non négligeable de détracteurs qui trouvent son style à la fois excessif et limité. Aux tristes sires qui critiquent ses habituelles mimiques, il répond : « Ne sous-estimez pas le pouvoir de jeu de mes sourcils ! »

HACHÉ MENU

Né en 1969, ce Californien pur jus, fils de chercheurs en aérospatiale, commence à enchaîner les rôles à partir des années 90, avec du bon et du nettement moins glorieux comme en témoignent « Demolition Man » avec Stallone, l’aquatique « Waterworld », « Ennemi d’État », le « Mars attacks ! » de Tim Burton ou encore « High Fidelity ». Contrairement à l’ensemble du film, sa participation au remake du « Chacal » en 1997 reste gravée dans les mémoires : il s’y faisait littéralement hacher menu à la mitrailleuse lors d’une scène vomitive avec Bruce Willis. De cette époque, Jack Black garde un souvenir cinglant : « Il y avait de grands metteurs en scène qui traitaient les acteurs comme du bétail ; mais je détestais ça et je sais que si j’avais eu le choix à ce moment-là, je n’aurais pas travaillé avec eux. » Plus qu’un comédien, Jack Black se veut un vrai soldat du divertissement : « J’apparais juste dans les films que j’ai envie de voir. Je me considère comme un amuseur commando : mon jeu est mon bazooka, ma musique, ma machette. Et vous ne savez jamais de quelle façon je vais vous attaquer ! »

RETOUR EN FORCE

« Je ne suis pas Matt Damon. Je voulais devenir un bon second rôle. Jamais je n’aurais imaginer décrocher des personnages comme ceux qu’on a fini par m’offrir », avoue-t-il avec une sincérité non feinte. Il est vrai que le succès lui a longtemps souri. C’est en le découvrant en 2003 dans le cultissime « Rock Academy » que Peter Jackson l’a choisi pour incarner Carl Denham, double d’Orson Welles, le cinéaste bidouilleur et roublard de son « King Kong ». La vie, qu’il semble prendre en permanence du bon côté, lui fait alors de grands sourires. La comédie sur le catch Super Nacho, l’ultra cool « Soyez sympa, rembobinez » de Michel Gondry, « Tonnerre sous les tropiques » ou encore la voix de Po dans la saga animée « Kung Fu Panda ». Mais, depuis le début des années 2010, la machine semble s’être enrayée : peu de cinéma (« Bernie », « Drôles d’oiseaux », le totalement passé inaperçu « The D Train », le tout aussi peu glorieux « Le Roi de la polka »), beaucoup de télévision… La faute à ses grimaces et à ses gesticulations passées de mode ? Au désintérêt du public ? À son incapacité à faire autre chose que le pitre ou à convaincre dans son premier grand rôle dramatique face à Joaquin Phoenix dans « Don’t worry, he won’t get far on Foot » pourtant signé Gus Van Sant ? Il y a sans doute un peu de tout ça. Mais, en 2017, miracle : bombardé partenaire de Dwayne Johnson dans Jumanji – Bienvenue dans la jungle », il retrouve comme jamais les faveurs des spectateurs tout en frôlant le milliard de dollars de recettes au box-office mondial. « Wow ! », constate-t-il à juste titre.

Après le semi-échec de « La Prophétie de l’horloge », son retour dans « Jumanji – Next Level » a tout pour réitérer la surprise du premier volet. « Je ne demande qu’à m’amuser et à divertir les gens », dit cet acteur que l’esprit d’enfance n’a jamais quitté. Quoi qu’on pense de lui, il est impossible de le détester.