à la une

« Un demi-siècle après, “Le Petit Nicolas” fait encore rêver les gosses alors qu’il décrit une France qui n’existe plus » – Jean-Paul Rouve

Le Trésor Du Petit Nicolas

En salle le

20 octobre 2021

De

Julien Rappeneau

Avec

Ilan Debrabant, Jean-paul Rouve, Audrey Lamy

Genre

Comédie (1h43)

Distributeur

PATHÉ

Le Petit Nicolas apprend qu’il doit déménager dans le Sud avec sa famille. Comment imaginer la vie sans ses meilleurs amis ? Aidé par ses copains, il se met en quête d’un mystérieux trésor qui pourrait lui permettre d’empêcher ce terrible déménagement.

Pour sa troisième apparition au cinéma, le Petit Nicolas s’offre une nouvelle famille d’acteurs et un scénario garanti 100 % inédit.

Après les deux films réalisés en 2009 et 2014 par Laurent Tirard (plus de 200 000 entrées cumulées sur le territoire suisse romand, quelque 8 millions chez nos voisins français), le gamin devenu culte depuis son apparition sous le crayon et la plume du génial tandem Sempé/Goscinny au milieu des années 50 revient aujourd’hui dans de nouvelles aventures.

DU NEUF AVEC DU VIEUX

Signé cette fois Julien Rappeneau, « Le Trésor du petit Nicolas » repose sur un scénario totalement original, mais très fidèle à l’intouchable univers que lui avaient concocté ses créateurs. Ici, le tendre, irrésistible, observateur, turbulent et terriblement attachant héros en culottes courtes voit son père gratifié d’une importante promotion professionnelle, ce qui le rend très fier. Sauf que voilà : pour occuper ces nouvelles et prestigieuses fonctions, toute la famille va devoir quitter sa coquette banlieue parisienne pour emménager dans le sud de la France. Et pour Nicolas, la perspective de quitter sa chère bande de copains (Alceste, Agnan, Rufus, Eudes…) relève du cauchemar absolu. Alors il va tout mettre en œuvre pour empêcher cet exil forcé.

TOUT PETIT, DÉJÀ

À chaque « Petit Nicolas », il faut bien entendu trouver l’interprète idéal, sachant que ce dernier, fatalement destiné à grandir et à muer, ne l’incarnera qu’une fois. Après Maxime Godart et Mathéo Boisselier, c’est à présent à Ilan Debrabant, 8 ans au moment du tournage, de reprendre le flambeau. « J’avais vu tous les films », affirme-t-il, conquis par le caractère « joyeux, prêt à s’amuser, fidèle à ses amis », mais aussi « déterminé » du personnage principal : « Si il veut construire une cabane, rien ne peut l’arrêter ! » Déjà aperçu au cinéma aux côtés d’Eric Judor (« Roulez jeunesse »), Guillaume Canet (« Nous finirons ensemble ») ou encore Frank Dubosc (« 10 jours sans maman »), il est donc loin d’être un débutant. « Je veux être acteur depuis que j’ai 4 ans », dit-il. Déjà professionnel, il ne voit aucun inconvénient au fait de devoir recommencer plusieurs fois les mêmes scènes : « Tant que le réalisateur ne juge pas que la prise est bonne, il faut la refaire ! » Pour le diriger, Julien Rappeneau n’hésita pas à lui donner des indications de jeu précises tout en le filmant, avant de le laisser voler de ses propres ailes jusqu’à obtenir entière satisfaction.

PARENTS, MODE D’EMPLOI

Face à lui, de nouveaux interprètes ont pris la relève de Valérie Lemercier et de Kad Merad qui incarnaient les parents de Nicolas dans les deux autres films. Indisponibles ou pas intéressés, ils ont donc été remplacés par deux comédiens très populaires : Jean-Paul Rouve et Audrey Lamy. Pour cette dernière, jouer une mère au foyer n’implique pas qu’elle soit potiche ou effacée. « Être une femme d’intérieur, c’est un vrai job, vous savez ?, lance-t-elle. S’occuper de tout, de l’école, de la maison, des vacances, de l’éducation de son fils, du travail de son mari… Elle a tout ça à gérer. » Son partenaire, lui, s’émerveille de la pérennité de livres sortis il y a plus d’un demi-siècle. « C’est la force de Goscinny : il fait encore rêver les gosses alors qu’il décrit une France qui n’existe plus, explique-t-il. Mais c’était une France rêvée, idéalisée, où tout va bien, où il n’y a pas de chômage… Une France de l’enfance. Quand on est môme, on ne se souvient que des choses formidables, on ne voit pas tout ce qu’il y a autour. Pour Nicolas, seuls existent sa famille et ses amis. »

L’ESPRIT D’ENFANCE

Comme on l’a vu, l’intrigue du film a été imaginée de toutes pièces, mais tous les fondamentaux de la saga littéraire et dessinée y ont été conservés à la lettre. « Il faut respecter le ton de l’œuvre, un mélange d’humour, de mélancolie, de poésie, une harmonie que Sempé et Goscinny ont magnifiquement élaborée, confirme le réalisateur, également co-auteur de l’intrigue. Ensuite, il faut construire autour toute une histoire, car à la base, les livres du “Petit Nicolas” étaient constitués de courtes nouvelles. J’avais envie d’un vrai récit dans lequel intégrer aussi des éléments personnels, des choses qui me touchent. » Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il ait réussi à préserver un authentique esprit d’enfance durant l’écriture puisqu’il s’est associé à un de ses copains du Cours Préparatoire, Mathias Gavarry, pour se lancer dans l’aventure.
Il ne vous reste plus qu’à la partager à votre tour… En famille, bien entendu.