Petit Pays

En salle le

18 mars 2020

De

É. Barbier

Avec

J.-P. Rouve, D. Vancoppenolle, D. De Medina

Genre

Drame (1 h 50)

Distributeur

Pathé

Dans les années 1990, un petit garçon vit au Burundi avec son père, un entrepreneur français, sa mère rwandaise et sa petite sœur. Il passe son temps à faire les quatre cents coups avec ses copains de classe jusqu’à ce que la guerre civile éclate, mettant une fin à l’innocence de son enfance.

Tirée de l’inattendu best-seller du chanteur/rappeur Gaël Faye, Prix du roman Fnac et Goncourt des lycéens en 2016, cette plongée dans le génocide rwandais vue à travers les yeux d’un enfant est d’ores et déjà des sommets du printemps qui s’annonce : une fresque dont l’ampleur, le lyrisme, la violence et l’énergie (sidérante direction des jeunes acteurs à la clé) se reçoivent comme un uppercut à entrées multiples.

LA PAROLE AU ROMANCIER…

« Je sais qu’il y a des écrivains qui refusent d’être adaptés, ils veulent garder leur histoire neutre dans l’imaginaire des lecteurs comme dans le leur, dit Gaël Faye. Pour ma part, je n’ai pas hésité trop longtemps, et ce qui m’a décidé à accepter le principe d’une adaptation, ce qui m’a motivé, c’était de constater que nous n’existions pas dans le cinéma mondial, dans l’imaginaire du public. Et quand je dis “nous”, je veux dire cette région du monde, mon pays d’origine : le Burundi, le Rwanda, c’est une terre inconnue dont ne surnagent que des clichés sur la violence et la guerre. On ne connaît pas les gens, on ne connaît pas l’intimité de ce qu’ils vivent et pensent. Il était important que cette histoire existe dans un film pour cette raison-là. Le cinéma est beaucoup plus puissant et plus populaire que la littérature dans cette optique : faire en sorte qu’un monde soit reconnu. »

… ET AU RÉALISATEUR

« Pour Gaby, le héros du film, plusieurs catastrophes se superposent : la séparation de ses parents, la guerre civile au Burundi et le génocide des Tutsis au Rwanda, explique Éric Barbier. Mais ces événements et cette violence sont hors champ. Dans le film, la famille est la caisse de résonance de la grande Histoire. On découvre les événements à travers ses yeux de Gaby. Pour lui, tout se passe comme s’il y avait un lien secret entre la déflagration intime de la cellule familiale et la déflagration historique qui se produit autour de lui à ce moment-là. »

Vous aurez compris que ce film magistralement écrit, réalisé et interprété mérite à nos yeux de bouleverser le plus large public possible.