Pokémon – Détective Pikachu

En salle le

8 mai 2019

De

R. Letterman

Avec

R. Reynolds, S. Waterhouse, J. Smith

Genre

Comédie (1h40)

Distributeur

Warner

Après la disparition mystérieuse du détective Harry Goodman, son fils va tenter de découvrir ce qui s’est passé. L’adorable détective Pikachu, ancien partenaire d’Harry à la sagacité hilarante, participe alors à l’enquête.

L’Idole des Jaunes !

Pour ses premières aventures cinématographique, le plus célèbre des Pokémons a bénéficié d’un soin tout particulier.

Pikachu parle !  Et ce ce n’est que le début.

Comme chacun sait, Pikachu est un Pokémon, héros de la franchise vidéoludique conçue en 1996 par Satoshi Tajiri avant de connaître toutes sortes d’arborescences, entre anime, mangas, jeux de cartes ou encore applications virtuelles. Si les créatures de son espèce savent s’exprimer grâce à leurs mimiques et à leur gestuelle, elles ne peuvent prononcer que leurs noms ! Inexplicablement, ce n’est pas le cas de Détective Pikachu, personnage haut comme trois pommes et rapide comme l’éclair, arborant un chapeau à la Sherlock Holmes. Est-ce parce qu’il est accro à la caféine ? Est-ce lié à une amnésie foudroyante ? Ou tout simplement à sa personnalité hors du commun ? Toujours est-il que ce détective privé tout jaune est un véritable moulin à paroles. Essayez donc de le faire taire, d’autant qu’il est aujourd’hui doublé en version originale par Ryan Reynolds, alias… Deadpool !

UN HÉROS PAS COMME LES AUTRES

Il faut dire qu’au début du film Pikachu, avec sa tête de peluche toute mignonne, est empêtré dans une affaire si inextricable qu’il ne sait même plus comment elle a commencé… Et il ne lâchera rien avant d’avoir pu la résoudre. Qui est-il ? Qu’est-ce qui est arrivé à son partenaire Harry Goodman ? Et pourquoi est-il soudain capable de se faire comprendre d’un être humain – pour être plus précis, de Tim, le fils d’Harry ? « Le détective Pikachu a un sacré culot ! »,, estime Ryan Reynolds qui lui prête son sens du rythme, son style et son humour insolent. « Il ne manque pas de personnalité, c’est un personnage haut en couleurs, mais il n’a pas le choix : il ressemble à une petite boule en peluche. Si on m’injectait dans le corps de ce petit bonhomme tout jaune, c’est exactement comme ça que je me comporterais. » Il poursuit : « J’ai déjà participé à des tournages avec des personnages infographiques, mais je n’avais jamais vu de film où les rapports entre ces créatures numériques et les acteurs en chair et en os sont aussi palpables. C’est vraiment à part. En voyant ce Pokémon vivre et bouger à l’écran, on a le sentiment qu’on pourrait presque tendre la main pour le toucher et lui faire un câlin. Mais ne lui faites pas de câlin : je ne réponds pas de son éventuelle réaction ! »

PIKACHU & COMPAGNIE

« J’ai adoré cette histoire », déclare pour sa part le réalisateur Rob Letterman. « Elle est très émouvante et hors normes. On ne peut qu’aborder cet univers avec respect tout en cherchant à y apporter une touche d’originalité. Dans le film, Pikachu n’est pas le même que d’habitude en raison de l’histoire particulière qu’on raconte et du monde où le personnage évolue. » Dans l’univers des Pokémon, le film livre en effet un point de vue résolument novateur. Conçu pour plaire aux fans, et truffé de surprises, il offre à Pikachu et aux innombrables créatures qui l’accompagnent une incarnation inédite. Ce sont ici des personnages en trois dimensions, dotés de leur personnalité et de leurs pouvoirs propres, parfaitement intégrés à un environnement des plus réalistes. Dans le même temps, l’intrigue à la fois originale et émouvante, comme les personnages irrésistibles, peuvent être appréciés par les spectateurs du monde entier, qu’ils connaissent – ou pas – l’évolution des Pokémon dans leurs moindres nuances ou qu’ils soient en mesure de nommer – ou pas – les quelque huit cents espèces existantes ! D’ailleurs, plusieurs d’entre elles partagent l’affiche avec Pikachu, comme Psykokwak, Salamèche, Ludicolo, Snubbull, Carapuce, Bulbizarre, Rondoudou, Capumain, Excelangue, M. Mime et l’insaisissable Mewtwo.

DU VRAI AVEC DU FAUX

« Il existe une mine d’anime et de jeux vidéo Pokémon qu’on connaît tous et qu’on aime, mais tant qu’à s’atteler à un projet de long métrage, on voulait lui donner toute la place qu’il mérite », ajoute Rob Letterman. « On tenait à ce qu’il soit fidèle à l’esprit Pokémon et qu’il respecte les règles de cet univers afin que ceux qui le connaissent s’y retrouvent, et on voulait permettre à un public plus large de le découvrir. C’est une démarche logique et une intrigue pleine d’invention. », poursuit-il. Pour y parvenir, le réalisateur a préféré la texture inimitable de la pellicule 35 mm à la froideur des images numériques et privilégié des décors en dur autant que possible afin que l’univers dans lequel gravitent les personnages semble authentique.  Conçus méticuleusement, Pikachu et les autres Pokémons, qui conservent leur taille et leurs caractéristiques propres à l’écran, partagent plusieurs scènes avec des acteurs en chair et en os dans la ville de Ryme City. Cette métropole repose sur le principe visionnaire d’une « harmonie entre humains et Pokémon » selon son fondateur Howard Clifford, milliardaire bienveillant.

UN SCÉNARIO DE POLAR

Si on est frappé par la fluidité avec laquelle les Pokémon s’intègrent dans un environnement réel, on ne l’est pas moins par le contraste saisissant entre l’allure de peluche mignonne à croquer de Pikachu et son jargon de détective dur à cuire ! Dans le rôle, Ryan Reynolds se lâche totalement ! «C’est très drôle d’entendre la voix de Ryan qui vient de cette toute petite créature adorable, mais dotée d’une forte personnalité», souligne le réalisateur. « On a le sentiment que sa voix est en porte-à-faux avec le corps de Pikachu, et pourtant, on s’y habitue totalement. »  Au début du film, Tim Goodman (Justice Smith), 21 ans, débarque à contrecœur à Ryme City pour récupérer les affaires de son père Harry, détective privé qui ne donne plus signe de vie depuis sa dernière enquête. Quand il pénètre dans l’appartement de celui-ci, Tim est touché en découvrant que ce père qu’il n’a pas vraiment connu l’aimait. Puis, il fait la connaissance de son ancien partenaire, Pikachu, détective privé à l’ancienne qui a l’habitude de déverser un flot de plaisanteries de mauvais goût, tout en étant plutôt cohérent. Tim se laisse convaincre par l’éventualité qu’Harry est encore en vie. Du coup, il accepte de faire équipe avec ce partenaire survolté pour retrouver la trace de son père et comprendre ce qui a pu lui arriver. « Ce film est d’une très grande richesse », s’enthousiasme Smith. « D’abord, il fait preuve d’un humour absurde qui plaira autant aux grands qu’aux petits. Ensuite, il y a de l’émotion et du suspense. Il est ancré dans la réalité et il livre un message fort dans lequel les gens peuvent se reconnaître. C’est ce mélange qui m’a séduit ».

ENTRE FIDÉLITÉ ET LIBERTÉ

Pour mener à bien le projet, le soutien de la Pokémon Company était bien entendu primordial. « Rob Letterman et tous ses collaborateur se sont montrés très soucieux de respecter l’univers Pokémon », se réjouit le producteur Hidenaga Katakami. « Tout en souhaitant rester fidèles à la licence, ils se sont accordés quelques libertés pour susciter des moments de drôlerie et réaliser un film captivant – et nous les avons encouragés dans cette voie. Pikachu est connu dans le monde entier et, à mon avis, les gens vont adorer redécouvrir ce Pokémon emblématique dans une fonction différente, avec sa personnalité incomparable. » Président de la Pokémon Company et producteur exécutif du film, Tsunekazu Ishihara  ne dit pas autre chose : « Le film adresse des clins d’œil à l’univers Pokémon tout en racontant une histoire qui séduira le plus grand nombre. Tout comme la marque Pokémon, il s’agit vraiment d’un film dans lequel chacun – petits ou grands, fans de la première heure comme néophytes – peut se projeter. » Un principe inscrit au cœur même de l’intrigue, et cher à l’univers Pokémon et à ses fans, prédomine dans le film : l’évolution. Conscient que ces créatures merveilleuses peuvent se transformer physiquement et déployer une puissance inimaginable, Rob Letterman explique : « Les Pokémon font ressortir ce qu’il y a de mieux chez l’être humain à travers les liens qu’ils nouent avec les hommes : ensemble, ils sont à même de s’améliorer constamment. C’est ce qui m’a plu dans cette histoire et c’est l’état d’esprit qui l’anime. »

SPÉCIAL, EN EFFET

Quant au style visuel de « Détective Pikachu », il correspond à la vision de la ville idéale Howard Clifford. Autrement dit, un environnement où humains et Pokémon cohabitent pacifiquement. Des dizaines de Pokémon ont ainsi été conçus pour les besoins du film, dont certains sont des personnages à part entière et d’autres restent en arrière-plan.

​Le soutien de la Pokémon Company s’est là encore avéré inestimable : le PDG de l’entreprise Tsunekazu Ishihara, le graphiste des premiers jeux de Pokémon Ken Sugimori et de nombreux illustrateurs et artistes ont fourni des sources d’inspiration à la production et l’ont conseillée sur plusieurs détails, comme les ongles et la fourrure. Car Rob Letterman et ses chefs de poste cherchaient à transposer fidèlement les dessins en animation en trois dimensions. Alors que l’animation traditionnelle obéit au principe du « squash and stretch » (la compression et l’étirement, permettant de donner aux objets l’illusion du poids et de la flexibilité), le réalisme de la 3D a soumis les animateurs à des lois physiques strictes. C’est ainsi que les proportions ont été calculées à partir de la taille et de la largeur de chacun des personnages. « On ne peut pas du tout tricher », dit le chef-animateur Ferran Domenech. « On ne voulait surtout pas que ces créatures aient l’air ‘cartoonesque’, si bien qu’on s’est inspiré de la réalité. On a dû mettre en œuvre pas mal de recherches avec nos animateurs et nos techniciens pour les concevoir de A à Z. Il fallait que les Pokémon donnent le sentiment d’être massifs, notamment quand ils bougeaient. » Le superviseur des effets spéciaux Erik Nobody, qui avait collaboré avec Letterman sur « Chair de poule –Le Film », ajoute : « Il s’agissait d’y parvenir sans renoncer à l’élément le plus important : l’identité des Pokémon et l’attachement des gens vis-à-vis d’eux. Il fallait qu’on comprenne qui étaient ces créatures, ce qui les animait, et qu’on garde toujours cela en tête. »

SACRÉS COCKTAILS

S’il ne s’agit pas d’animaux à proprement parler, les Pokémon empruntent néanmoins certains attributs à différentes espèces animales. L’équipe s’est donc inspirée de plusieurs d’entre elles pour leur allure, qu’il s’agisse de souris, de tortues, de singes, d’aigles ou de tout autre espèce se rapprochant de la source d’origine. Des marionnettes ont aussi été fabriquées pour que le département effets visuels s’en inspire et pour donner la réplique aux acteurs. « Pikachu est souvent perché sur mon épaule », raconte Justice Smith. « Du coup, je me baladais avec une marionnette lestée sur l’épaule. Puis les animateurs l’ont adaptée à mes mouvements, en tenant compte de la manière dont je penche la tête ou dont je réagis lorsqu’il m’envoie sa queue en plein visage ». S’agissant de Ryme City, la production a privilégié un réalisme stylisé. Le chef-décorateur Nigel Phelps explique que Rob Letterman souhaitait une métropole moderne et cosmopolite où l’on retrouve des inspirations connues et plus exotiques. « On est parti de Londres et on a abouti à une ville qui emprunte à New York, Tokyo.. et Londres », détaille-t-il. « Il y a pas mal de contradictions voulues. Les voitures roulent à gauche, mais Ryme City dégage une atmosphère américaine. »

​« Ce que j’aime dans ce film, comme dans tous les films que j’ai plaisir à voir, c’est l’émotion et la dimension humaine des personnages », conclut le réalisateur. « C’est important que ces derniers fassent rire et pleurer le spectateur et qu’on ait peur qu’il leur arrive quelque chose. Quand on réunit les bonnes personnes et qu’on monte un projet captivant et séduisant pour le public du monde entier, c’est une expérience magique. C’est ce qu’on a cherché à faire avec ce film, et on espère que les spectateurs y seront sensibles. »