à la une

« Mon but n’est pas de me moquer, mais parfois il ne faut pas hésiter quand on sent que c’est drôle » – Philippe de Chauveron

Qu’est-Ce Qu’on A Tous Fait Au Bon Dieu ?

En salle le

6 avril 2022

De

P. De Chauveron

Avec

C. Clavier, C. Lauby, A.abittan

Genre

Comédie (1h38)

Distributeur

JMH

Ce sont bientôt les 40 ans de mariage de Claude et Marie Verneuil. Pour cette occasion, leurs quatre filles décident d’organiser une grande fête surprise dans la maison familiale de Chinon et d’y inviter les parents de chacun des gendres, pour quelques jours.

L’inénarrable famille Verneuil re-revient pour le meilleur et pour le rire. Le réalisateur Philippe Chauveron nous explique le comment du pourquoi.

Les deux premiers « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » ont rassemblé près de 35 millions de spectateurs à travers le monde…

Philippe de Chauveron : En ce qui me concerne, je l’ai toujours bien vécu. Lorsqu’on a réuni autant de gens en salles et qu’avec cette histoire franco-française, on a pu toucher le monde entier, c’est formidable ! En Afrique, au Maghreb, au Liban, en Uruguay, au Japon… Le film a fait marrer les gens. Et en Allemagne, « Monsieur Claude » est carrément devenu une expression pour décrire un Français ! Alors, évidemment, quand les deux premiers films ont rejoint le Top 100 des plus gros succès de l’histoire du cinéma en France, on sait qu’on peinera à atteindre les mêmes scores, mais ça ne coupe pas les ailes pour autant, au contraire !

Quand est né le projet d’un troisième volet ?

À chaque fois, l’idée vient un peu naturellement parce qu’elle est guidée par l’envie de retravailler avec les acteurs. Après le deuxième volet, ce désir était si palpable qu’on s’est dit qu’on n’attendrait pas trop longtemps pour se retrouver. Et comme ce n’est pas facile de réunir autant de comédiens aussi occupés, on a même accordé nos agendas pour se mettre d’accord sur des dates de tournage du troisième avant de s’atteler à l’écriture du scénario.

A partir de trois, vous passez le cap de la saga. À ce stade, y a-t-il des codes à respecter ?

Ce qu’on constate souvent dans les troisièmes volets, c’est que l’histoire ne se renouvelle pas. Or pour ne pas tomber dans ce piège, je savais qu’il fallait à tout prix créer de nouveaux personnages. Nous en avons donc ajouté sept : les six beaux-parents des filles et Helmut, un jeune prétendant. Et si nous devions conserver l’esprit de la saga, avec ces sept-là de nouvelles problématiques se poseraient forcément : partant du principe que dans une comédie, les personnages doivent souffrir pour faire rire, il y avait avec eux autant de raisons d’enquiquiner Claude Verneuil.

Était-ce difficile de faire exister autant de personnages dans un même film ?

À partir du moment où ils ont chacun une personnalité bien dessinée, on peut s’amuser à imaginer une multitude de rebondissements et de réactions différentes. Et c’est d’autant plus excitant de le faire avec de nouveaux protagonistes car ça amène de la fraicheur.

Les comédiens principaux ont-ils apporté des idées concernant leurs personnages ?

Oui, la plupart des acteurs de ce film étant aussi des auteurs, ils n’hésitent pas à me proposer des idées lorsque nous faisons des lectures en tête-à-tête. Ce sont souvent des détails, mais je retravaille fréquemment le script en intégrant leurs suggestions. Une fois que le tournage s’engage, en revanche, ça ne bouge plus trop car ce genre de film laisse peu de place à l’improvisation. Seul Christian Clavier propose quelques variantes à la fin des prises mais il est tellement dans son rôle que, souvent, ses improvisations auraient pu être écrites.

Comment se sont passées les retrouvailles de toute l’équipe sur le plateau ?

C’était joyeux car tous s’apprécient. Christian Clavier et Chantal Lauby sont complices, très admiratifs l’un de l’autre et adorent jouer ensemble, que ce soit devant la caméra ou hors plateau, en se lançant dans des improvisations. Les « gendres » sont devenus assez proches dans la vie et les filles sont très copines. Bref, il y a une bonne ambiance entre eux, mais comme ils sont aussi tous très professionnels, ça ne ressemble pas non plus à une colo.

Comment dirige-t-on Christian Clavier ?

Comme nous nous connaissons bien, qu’on s’apprécie et qu’il a un immense talent, je n’ai pas grand-chose à faire, juste lui donner un cadre et lui accorder, à l’intérieur de ce cadre, toute la liberté dont il a besoin. Il était particulièrement heureux sur ce tournage car la fraîcheur de l’histoire le galvanisait. Et comme il connaît par cœur son personnage, le temps qu’il arrive sur le plateau, il s’était déjà transformé en Claude Verneuil.

Est-ce parfois difficile de mettre tous ces acteurs de comédie sur un même rythme ?

Pas vraiment. J’ai pour habitude de limiter les répétitions, d’enchaîner rapidement les prises et les comédiens, en général, s’y font très bien. Les anciens ont l’habitude et les nouveaux venus étant tous des acteurs aguerris, ils n’ont pas eu de mal à prendre le rythme.

L’époque a de plus en plus de mal à se jouer des clichés. Etes-vous plus vigilant qu’avant ?

Non, car je crois que les gens aimeront toujours rire et que ça passe souvent par la vanne. Par ailleurs, je n’ai pas de mal à placer le curseur dans l’humour et je sais que je peux compter sur mes garde-fous : mes acteurs étant issus de toutes origines, je peux rapidement mesurer si je vais trop loin. Mais jusqu’à maintenant, les quelques scènes qui nous inquiétaient un peu sont celles qui ont fait le plus rire les spectateurs. Alors il ne faut pas faire n’importe quoi, mon but n’est pas de me moquer de qui que ce soit, mais parfois il ne faut pas hésiter à y aller quand on sent que c’est drôle.

Les références à notre société contemporaine sont encore plus rares que dans le deuxième volet. Est-ce pour renforcer l’intemporalité de l’histoire ?

Non, mais l’actualité étant plutôt sinistre, elle n’inspirait pas beaucoup d’éléments de comédie. Et au-delà de ça, je crois que l’histoire est suffisamment forte pour ne pas avoir besoin de se raccrocher à notre époque.