Wonder Woman 1984

En salle le

30 septembre 2020

De

Patty Jenkins

Avec

Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig

Genre

Fantastique (2 h 10)

Après la Première Guerre mondiale, direction les années 80 ! Cette fois, Wonder Woman doit affronter deux nouveaux ennemis, particulièrement redoutables : Max Lord et Cheetah

Flamme fatale

Trois ans après, l’Israélienne Gal Gadot s’apprête à faire de « Wonder Woman 1984 » LE blockbuster dont l’industrie du cinéma avait désespérément besoin.

Née en 1985 dans la banlieue de Tel Aviv, Gal Gadot se rêvait biologiste lorsque, sur un coup de tête, elle se présenta à 17 ans aux présélections de Miss Israël, avant de remporter la couronne quelques mois plus tard.

FAUX DÉPART

Juste après sa victoire, un directeur de casting lui proposa d’auditionner pour un rôle de James Bond Girl dans « Quantum of Solace ». « Pas question ! », lui rétorqua-t-elle du tac-au-tac. « Je fais des études de droit et de sciences politiques, je suis beaucoup trop sérieuse et intelligente pour être actrice, et de toute façon, j’imagine que votre scénario est tout en anglais. » Avec le recul, elle avoue aujourd’hui avoir un peu honte de sa réaction : « Je l’ai douché, le pauvre ! Et je me suis montrée d’une prétention détestable. » Elle reviendra pourtant sur sa décision, se rendra à Londres pour auditionner, et Olga Kurylenko lui sera finalement préférée. Mais quelques années plus tard, une fois accomplies les obligations internationales (dont un voyage en Équateur pour le concours Miss Univers), commerciales, humanitaires et médiatiques liées à son titre de Miss Israël, c’est à elle que reviendra en 2009 le personnage de Gisele dans le quatrième volet de la Franchise « Fast & Furious ».

SERVICE COMPRIS

Mais un autre engagement, d’une tout autre envergure, l’aura auparavant mobilisée deux années entières : son service militaire, imposé à tous les jeunes Israéliens, hommes et femmes confondus. « J’avais 20 ans, et comme j’étais assez sportive, j’ai très vite intégré le service d’entraînement au combat« , se souvient-elle. « C’est la meilleure école de discipline et de respect qui soit. » Elle y décuplera au passage ses aptitudes athlétiques, ce qui jouera un rôle décisif dans ses débuts d’actrice internationale, au point de la hisser aujourd’hui au rang de seule vraie « femme d’action » du cinéma contemporain. « J’avais déjà tâté de la caméra dans mon pays, le temps d’un épisode de la série « Bubot », mais c’est avec « Fast & Furious » que tout a vraiment commencé pour moi. »

SUR LES CHAPEAUX DE ROUES

Désormais dans le circuit, elle apparaît dans « Entourage », « Crazy Night », en fait voir de toutes les couleurs à Tom Cruise en « méchante » du sympathique « Night and Day », mais c’est clairement du côté des blockbusters ultra mouvementé et des thrillers qu’elle se fait le plus remarquer : deux autres volets de la vrombissante saga automobile, « Triple 9″, « Criminal – Un Espion dans la tête » (où elle se révèle capable de susciter de fort belles émotions dramatiques)… « Quand j’ai auditionné en 2015 pour « Batman v Superman », j’ignorais de quel personnage il s’agissait« , se souvient-elle. « On était six ou sept filles, on avait chacune notre caravane privée, on devait y rester enfermées jusqu’à ce qu’on nous appelle l’une après autre. Il faut savoir que l’attente est mon ennemi numéro et, pour éviter de devenir folle, je me suis passé en boucle la chanson de Beyoncé ‘Run the World (Girls).' » Titre prémonitoire…

LE PLEIN DE SUPER

Finalement choisie pour être la Wonder Woman du film de Zack Snyder, elle a tout de suite compris qu’elle venait d’entrer dans une toute nouvelle dimension. « Dès que mon nom a été officialisé, Internet s’est embrasé sur le mode : ‘Sa poitrine est beaucoup trop petite par rapport à la bande dessinée.’ » Mais elle ne se laissera pas démonter : « J’ai répondu : ‘Selon la légende, les amazones n’avaient qu’un seul sein : dois-je m’en couper un par souci de fidélité au mythe ?’ Et on m’a laissée tranquille. » Première super héroïne à bénéficier d’un film à part entière depuis les calamiteux souvenirs d’ »Elektra » et de « Catwoman » au milieu des années 2000, elle a propulsé, épaulée par la mise en scène de Patty Jenkins et la richesse du scénario, « Wonder Woman » à un niveau de réussite commerciale et critique proprement stratosphérique. « C’est un film féministe, et ce sont avant tout les femmes qui se sont emparées de lui, dont beaucoup sont allées le voir plusieurs fois « , explique-t-elle. « Une adorable grand-mère m’a même dit : ‘Cette histoire a été écrite pour moi’ avant de m’embrasser. »

Depuis le triomphe du film en 2017, Gal Gadot n’a pas vraiment eu l’occasion de se diversifier. Liée par contrat au personnage qui lui a apporté la gloire, totalement prise dans l’engrenage hollywoodien, elle a revêtu  le costume de la princesse Diana de Themsycira dans « Justice League », elle le retrouve aujourd’hui dans « Wonder Woman 1984 » et, d’ici 2023, deux suites de « Justice League » l’obligeront à remettre le couvert . Pour la découvrir en simple mortelle, il faudra attendre le polar de Kenneth Branagh « Mort sur le Nil » d’après Agatha Christie, le thriller « Red Notice » avec Ryan Reynolds et une mini-série consacrée à ma sulfureuse star du muet Hefi Lamarr.